Comme souvent chez les musiciens sahraouis, la musique de Mariem Hassan est joyeuse et entraînante en même temps que désespérée. Accompagnée du groupe Leyoad, elle exprime certes une grande détresse, mais aussi la fierté d'un peuple condamné à l'exil depuis 26 ans. Aux chants et rythmes traditionnels, (haul, medej) le plus souvent adressés à Dieu, sont venus se greffer les récits de leurs souffrances et de leurs espoirs de liberté. Aux instruments rustiques se sont ajoutées des guitares électriques qui égrènent les notes comme la tempête fait voleter les grains de sable dans le désert. Entre blues mandingue virtuose et arabesques mélodiques, Leyoad distille un groove fascinant sur lequel vient planer le chant de Mariem Hassen et de ses compagnons. Il y a dans la voix de la chanteuse les stigmates poignants de la rudesse de cette vie nomade, mais il y a aussi les reflets fidèles de la splendeur du sahara. Ceux dont l'âme s'enivre quand le corps est protégé ou oublie les extrêmes climatiques. Ceux qui laissent au cœur des souvenirs à chérir éternellement.